Musée NICOLAS POUSSIN

Ville des Andelys

Communiqués de presse

 LES AFFICHES DE NORMANDIE

L’hommage à René SAUTIN (1881-1968)

Disparu en 1968, le peintre René Sautin avait très tôt choisi Les Andelys pour y vivre avec son épouse. C’est là qu’il mena sa carrière artistique, à deux pas du Château-Gaillard et de la Seine dont il devait s’inspirer sans se lasser des paysages que le site enchanteur lui offrait. Mort aveugle et dans la plus grande pauvreté, il acheva ses jours à l’hôpital Saint-Jacques des Andelys. Aujourd’hui, le Musée Nicolas Poussin et la Ville des Andelys lui rendent un prestigieux et légitime hommage. Grâce à eux, l’œuvre de cet artiste retrouve enfin toute sa place dans notre cœur et la vie culturelle de notre région.

C’est à Montfort-sur-Risle, non loin de Pont-Audemer, que René Sautin vit le jour en 1881, dans le village même où Albert Lebourg (1849-1928), fameux peintre de l’Ecole de Rouen, l’avait précédé. Ce dernier sera pour Sautin un maître dont l’influence devait marquer ses œuvres de jeunesse. Après un séjour à Paris, Sautin quitta la capitale en 1911 - il a alors trente ans - en vue de s’installer aux Andelys avec son épouse, Marthe. La formation d’architecte dont l’artiste bénéficia à l’Ecole des Beaux-Arts peut s’apprécier dans la puissance de son dessin qui, durant toute sa vie, restera un moyen d’expression essentiel dont témoignent ses croquis, ses esquisses, ses pochades et son attrait pour le patrimoine bâti. Outre ses qualités de peintre et de coloriste (aspect qui allait être exacerbé par une perte progressive de la vue), Sautin fut un caricaturiste de grand talent dont une partie de l’exposition qui lui est consacrée éclaire la singularité. S’il force le trait, ce n’est jamais avec méchanceté : La charge est rarement agressive mais souvent malicieuse, souligne Françoise Baron-Miseroux, responsable du Musée qui, par ailleurs, qualifie de raisonné le fauvisme du peintre. 

Un amoureux des Andelys

Dès que l’on parle des Andelys, la figure du Château-Gaillard vient tout de suite à l’esprit.  Amarrée comme une figure de proue à sa colline, cette vigie somnolente domine le paysage. Cet élément du paysage trouva une place toute particulière dans la peinture de René Sautin qui, sans se lasser du sujet, multipliera les vues qu’il pouvait en avoir sans jamais refaire exactement le même tableau. L’autre thème omniprésent dans son œuvre est évidemment la Seine, particulièrement pittoresque aux Andelys. D’autres peintres comme Eugène Clary ou Daniel Caplain y trouveront une inépuisable matière à inspiration. L’exposition que le Musée Nicolas Poussin consacre à l’œuvre de Sautin se déroulera en deux temps. Le premier grand volet de l’hommage comprend un ensemble de 48 œuvres provenant de collections privées et du fonds permanent du Musée. Dès que l’idée de l’exposition commença à faire son chemin, la générosité des prêteurs ne tarda pas à se manifester. Entre autres partenaires, Thierry Tuffier, dont le père, Robert Tuffier repéra et défendit la peinture de Sautin, a pris part au projet qui a suscité une belle mobilisation, tant dans le domaine public que privé.

Un peintre fauve

Comme nous l’évoquions plus haut, le fauvisme de Sautin est raisonné, explique Françoise Baron-Miséroux. Il exprime l’aspect vif, spontané de l’emploi de la couleur. …/… René Sautin utilise une palette franche et pure. Son fauvisme prête à la couleur la tonalité d’une sensation. C’est un peu comme si le peintre faisait état de son ressenti intérieur, d’une météorologie de l’âme réagissant en fonction du lieu, du moment et de la lumière. La part de l’instinct est grande dans cette manière de peindre et d’aborder le sujet. Parmi les pièces les plus remarquables de l’exposition en cours, nous avons pu admirer Les maisons rouges, les chaumières, la Collégiale des Andelys, La Seine, avec un arbre au premier plan, l’arbre, le format imposant de La Seine aux Andelys (tableau aux bleus puissants), le marché aux porcs, (en contraste avec le très sombre Moulin sur la Risle), ou encore Le château de la Fontaine au Houx. Cela, pour ne citer que quelques exemples des plus marquants, le visiteur ayant tout le loisir de s’attarder devant chaque tableau. Un catalogue illustré est proposé aux amateurs pour une somme modique

L’hommage à René Sautin a misé sur la longue durée. Proposé d’avril à octobre 2018, il doit permettre à un très large public de redécouvrir la personnalité si attachante de cet artiste qui, à la vie de notable, préféra la vie de bohème et défendit farouchement sa liberté de créateur.

                                                                                                                                  Luis Porquet

 Musée Nicolas Poussin, rue Sainte-Clotilde, 27700 LES ANDELYS. Tél 02.32.54.31.78.  Actuellement et jusqu’à juillet. Une seconde exposition Sautin prendra ensuite le relais. A voir absolument.

 

 

 

 

 

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