Musée NICOLAS POUSSIN

Ville des Andelys

Communiqués de presse

 

 

Musée Nicolas Poussin aux Andelys

 

Charles Chaplin et l’Académisme

 

 

 

Né aux Andelys, Charles Chaplin (1825-1891), artiste officiel du Second Empire, fait actuellement l’objet d’une exposition au Musée Nicolas Poussin. Du 8 avril au 24 septembre, trois tableaux issus d’un dépôt du musée d’Orsay au musée des Beaux-Arts de Rouen y sont présentés au public. Une manière de confronter l’académisme du peintre au classicisme de son illustre prédécesseur.

 

Regards croisés sur la peinture, Nicolas Poussin, Charles Chaplin est le titre de l’exposition que présente actuellement le Musée Nicolas Poussin des Andelys. Dans la salle même où le public peut redécouvrir Coriolan supplié par sa famille, un célèbre tableau que Nicolas Poussin réalisa entre 1650 et 1655, trois œuvres de Charles Chaplin (La partie de loto, et les portraits de Monsieur et de Madame Priestley), illustrent avec brio ce que fut la peinture académique du second Empire (1852-1870). Si La partie de loto est toute empreinte de l’innocence et de la douceur propres à l’enfance, les deux portraits d’adultes, plus solennels, sont pétris de l’austère gravité de la bourgeoisie de l’époque. Le fil conducteur de cette exposition, qui comporte également deux autoportraits à l’eau forte du peintre, prend appui sur la filiation entre Poussin et Chaplin, autrement dit entre le Classicisme et l’Académisme triomphant.

 

C’est en 1648 que fut créée l’Académie royale de peinture et de sculpture. Elle avait pour but de contrôler les productions artistiques et de protéger leurs auteurs. Après la Révolution, elle fut rebaptisée Académie des Beaux-Arts. Le classicisme s’inspirait de sujets nobles, fréquemment puisés dans l’antiquité ou la mythologie gréco-latine. La composition et le dessin devaient primer sur la couleur, le concept sur la flatteuse séduction des sens. Nul ne l’incarna mieux que le grand Nicolas Poussin dont le Musée des Andelys porte le nom illustre. L’Académisme s’inspirera de l’Ecole classique française. Si la peinture d’histoire y demeure le plus noble des thèmes, le portrait et la scène de genre y occupent une place importante, paysage et nature morte étant considérés comme genre mineur par rapport au primat donné à la figure humaine. Autant dire la révérence que cette époque voue aux peintres de la Renaissance. La déferlante impressionniste bousculera cette conception un peu figée de la peinture, balayant l’exigence formelle au profit de la lumière et de la vibration de l’instant.

 

Le Second Empire (1853-1870) qui a sublimé le monde des apparences, trouva en Charles Chaplin, fils d’un père anglais et d’une mère française, un peintre de référence et d’indéniable talent. Elève de Michel Martin Drolling à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, Chaplin mena, parallèlement à la peinture, une activité de lithographe et d’aquafortiste. Portraitiste tout à fait remarquable, il transcenda, par sa sensibilité teintée de poésie, les seuls critères académiques que les Impressionnistes  rejetteront avec une certaine insolence.

 

                                                                                              Luis Porquet

 

Musée Nicolas Poussin, Rue Sainte-Clotilde, 27700 LES ANDELYS. Du 8 avril au 24 septembre. A ne pas manquer.

 

 

 

 

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